
Originaire de Chine et installée au Québec depuis une dizaine d’années, elle fait partie des quelques 1,4 million de Québécois et Québécoises qui soutiennent un proche tout en étant actifs sur le marché du travail. Bien que ce portrait soit fictif, il s’inspire de situations réelles et illustre comment les milieux de travail peuvent concrètement appuyer leurs employé(e)s dans la conciliation de leurs responsabilités professionnelles et familiales.
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Atteinte d’arthrose sévère, la grand-mère de Jing se déplace en fauteuil roulant. La trentenaire assume donc seule l’ensemble des tâches du quotidien : cuisine, courses, ménage, transport, en plu
s d’accompagner son aînée lors de ses rendez-vous médicaux. Comme sa grand-mère ne parle que mandarin, elle agit aussi comme interprète. C’est également elle qui fait le relais avec le reste de la famille, qui habite toujours en Chine. Jing ne peut donc se tourner vers ce réseau naturel pour alléger sa charge.
Au début, la jeune professionnelle a tenté de tout concilier seule. Elle préférait taire sa situation notamment parce qu’elle n’était pas certaine d’avoir droit à des aménagements particuliers pour l’aider à composer avec ses responsabilités. Mais avec le temps, l’état de sa grand-mère s’est aggravé, augmentant son fardeau et ses responsabilités. C’est lorsque son employeur a diffusé une série de capsules vidéo présentant différentes expériences de conciliation famille-travail qu’elle a réalisé qu’elle pouvait obtenir du soutien de la part de son employeur. L’une des personnes évoquait alors l’aide qu’elle apportait à un proche souffrant de démence et un autre, à son enfant atteint de troubles moteurs.
En voyant ces témoignages en images, Jing s’est reconnue comme proche aidante. À partir de ce moment, elle s’est sentie à l’aise de se confier à sa gestionnaire et de bénéficier d’un meilleur aménagement de son horaire de travail pour prendre soin de sa grand-mère. Grâce à une politique interne claire, cosignée dans une charte de conciliation famille-travail, la jeune femme a pu connaître les options qui s’offraient à elle et les utiliser, sans ressentir le besoin de se justifier chaque fois.
Ce jour-là, sa gestionnaire en a aussi profité pour rappeler les droits prévus par les normes du travail en matière de congés pour responsabilités familiales. Jing a ainsi appris que les proches aidants avaient droit à une banque de dix jours, dont deux payés, pour accompagner la personne qu’ils soutiennent à un rendez-vous médical, faire face à une urgence ou pour d’autres raisons en lien avec sa santé. Son lien d’emploi est aussi protégé si elle doit s’absenter sur une plus longue durée, selon les paramètres définis par la loi.
Comme elle était au courant de sa situation, sa gestionnaire a également pu préparer un plan de contingence pour son poste. En cas d’absence, les responsabilités de Jing seront ainsi redistribuées selon un plan p
rédéfini. Savoir que tout est prévu en cas d’urgence enlève beaucoup de stress sur les épaules de Jing, car elle sait qu’elle ne mettra pas son équipe dans l’embarras si elle doit s’absenter de façon urgente pour une longue période. Le plan prévoit même quoi faire si elle doit alléger son horaire, ce qui la rend plus sereine face à l’imprévu.
Jusqu’à maintenant, Jing n’a pas eu besoin de ralentir la cadence. Toutefois, elle bénéficie d’une certaine stabilité dans ses quarts de travail. En effet, son employeur s’efforce d’annoncer les horaires au moins trois semaines à l’avance, ce qui est rare dans son domaine. Cette prévisibilité lui permet de planifier plus facilement les différents rendez-vous médicaux de sa grand-mère, de demander de l’aide à une voisine de confiance lorsque c’est nécessaire, ou tout simplement de souffler un peu.
Jing a aussi été très émue de réaliser que certain(e)s de ses collègues avaient décidé de partager leurs congés avec elle. En effet, cette organisation a mis en place une politique de don de congés, ce qui permet d’en offrir à un(e) collègue. D’autres employeurs mettent plutôt en place des banques anonymes ou encore accumulent les journées qui n’ont pas été prises, pour les offrir en cas de besoin.
Même si jusqu’à maintenant, Jing n’a pas demandé d’aménagements majeurs, elle sait qu’elle aura l’appui de son employeur si l’état de sa grand-mère se détériorait. Elle se sent soutenue par son organisation, qui a mis en place des mesures adaptées à sa réalité. Et surtout, elle n’a plus à cacher ce qu’elle vit, ni à tout porter seule.
| Mesures ou pratiques facilitant la conciliation | Bénéfices pour l’employé(e) | Bénéfices pour l’organisation |
| Diffusion de capsules vidéo sur la proche aidance |
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| Rappel des droits prévus par les normes du travail |
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| Politique de don de congés entre collègues |
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| Plan de contingence pour les absences imprévues |
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* Cet article fait partie de la série « Les visages de la proche aidance ». Bien que les portraits soient fictifs, ils sont librement inspirés de profils développés par Proche aidance Québec et CAP santé mentale. Ils décrivent des situations vécues par de nombreuses personnes proches aidantes, ainsi que des mesures que les employeurs peuvent mettre en place pour les soutenir. Pour lire les autres articles, cliquez ici.
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