14 mars 2025
Impossible de concilier famille et travail dans le domaine manufacturier? L’exemple de Castonguay Électronique fait plutôt la preuve du contraire, alors que l’entreprise de Longueuil fait partie des entreprises détentrices du Sceau Concilivi, et ce, depuis mars 2024.
Ce n’est pas d’hier que cette compagnie, fondée en 1995, tente de proposer un meilleur équilibre à son équipe comptant une quinzaine d’employé(e)s. « Le travail que nous effectuons demande beaucoup d’aptitude et une grande minutie. Alors, quand nous trouvons les bonnes personnes, on met tous les efforts pour les garder. Mais surtout, le fondateur de l’entreprise, Alain Castonguay, a toujours cru que des employé(e)s qui sont biens sont plus productifs », explique Ivana St-Aimé, adjointe.
C’est d’ailleurs pour attirer et fidéliser ses travailleurs et travailleuses que l’équipe a décidé de se joindre au projet-pilote de Concilivi qui offrait un accompagnement gratuit aux entreprises du domaine manufacturier. « Nous avions déjà la base en matière de conciliation, mais cela nous a permis d’aller plus loin et de formaliser nos mesures, qui sont maintenant réunies dans une charte. Et surtout, tous les membres de l’équipe sont aujourd’hui beaucoup plus au courant de ce que nous proposons », explique la responsable de ce dossier à l’interne.

Pendant cette démarche, l’entreprise qui se spécialise dans la production et l’assemblage de pièces électroniques a répertorié toutes ses mesures disponibles et en a bonifié certaines. « J’ai réalisé que, contrairement aux idées reçues, améliorer la conciliation ne coûte pas nécessairement cher et que des mesures simples peuvent être mises en place, comme le fait de prévoir nos rencontres d’équipe entre 10h et 15h, un moment où tout le monde est présent, ou le droit à la déconnexion », souligne la responsable. Cette politique ne régule pas que les communications en dehors des heures de bureau : tout le monde est invité à éviter de parler boulot dans la cafétéria pour respecter ce temps de pause, explique-t-elle.
Autre idée simple mise en place suite à la démarche: la création d’un babillard de la conciliation famille- vie personnelle et travail. « Nous y avons regroupé différentes ressources intéressantes pour les familles, mais aussi des recommandations personnelles d’employés sur différents services comme les acuponcteurs ou les chiropraticiens. On peut consulter ce répertoire dans la cafétéria de l’entreprise. Nous l’avons aussi complété avec des références en santé mentale. »
L’entreprise mise aussi sur la flexibilité. Ainsi, l’atelier et le bureau sont ouverts de 6h à 17h du lundi au jeudi et de 6h à 14h les vendredis et les employé(e)s peuvent choisir à quelle heure ils commencent leur journée, avec l’approbation de leur superviseur. Il est aussi possible de répartir son temps sur deux semaines permettant de travailler moins d'heures une semaine et plus l'autre. Cela permet d’accommoder les parents ayant la garde partagée. Horaires compressés sur quatre jours – en ne dépassant pas neuf heures de travail quotidien – ou départ progressif à la retraite sont aussi possibles. De plus, les parents d'enfants d'âge scolaire sont priorisés s’ils veulent prendre des vacances lors de certaines périodes, par exemple durant la Semaine de relâche et avant la rentrée alors que les camps de jours sont terminés.
Pour faciliter cette flexibilité, les employés de l’atelier sont formés pour toucher à tous les postes, ce qui leur donne la polyvalence nécessaire pour se remplacer au pied levé, en cas d’absence ou d’urgence. « Il est aussi possible d’accumuler des heures en banque pour bonifier ses congés », ajoute la responsable. Autant de mesures qui sont maintenant inscrites en toutes lettres dans la charte de conciliation de l’entreprise.

À l’instar d’une majorité de PME au Québec, Castonguay Électronique n’a pas de spécialiste en ressources humaines à son emploi. L’accompagnement de la part de Concilivi, qui offre conseils personnalisés et formation, a donc été fort utile pour mieux en comprendre les bases, juge Ivana St-Aimé. « Nous avons aussi intégré une communauté de pratique qui réunissait tous les membres de la cohorte. C’était réellement enrichissant de pouvoir partager nos expériences, surtout que des entreprises de toutes tailles y participaient. »
Mais le principal avantage a été, selon elle, de mettre le sujet de la conciliation sur la table. « Tout le monde savait qu’on avait des mesures, mais plusieurs ne réalisaient pas à quel point c’était important. La charte devient donc un point de repère et une référence, précise la responsable. De plus, j’organise maintenant des réunions d’équipe chaque mois où nous parlons de production, mais aussi du bien-être des employé(e)s et de conciliation. Plusieurs viennent aussi me voir pour discuter de ce sujet avec moi, pour me proposer des idées. »
S’il est difficile de mesurer les effets de la démarche pour le moment, une chose est certaine : le dialogue a été ouvert et la table est mise pour continuer à s’améliorer : déjà l’entreprise jongle avec l’idée d’offrir des services de télémédecine à son équipe. Une histoire à suivre!
Ce projet est réalisé avec la participation financière du
